Philosophie du Monde

Un monde cicatrisé

Æltharion est avant tout un monde qui a survécu. Pour l’habitant ordinaire, la vie suit son cours — on cultive, on commerce, on aime, on meurt. Le monde est reconnaissable, familier dans ses grands traits : un monde de fantasy héroïque classique dans ses biomes et ses atmosphères.

C’est là son premier mystère. Sous cette normalité de surface dorment des vérités que personne ne cherche vraiment à réveiller. Et pour cause : quelque chose, peut-être, décourage activement cette curiosité.

⚑ Intention narrative : partir du familier pour mieux surprendre. Les joueurs doivent se sentir dans un monde qu’ils reconnaissent — avant de découvrir que ses fondations sont bien plus étranges.

Un monde de distances et d’ignorances

Les territoires d’Æltharion sont profondément isolés les uns des autres. Pas de réseau de communication rapide, pas de gouvernement central, pas de carte commune fiable. Un habitant des Terres du Nord connaît sa région, les rumeurs sur les territoires voisins, et des légendes floues sur ce qui existe au-delà.

Certains territoires ne figurent même pas dans la tête de la plupart des gens — on n’en a jamais entendu parler, ou on les croit fictifs. Cette ignorance n’est pas un défaut du monde. C’est une de ses caractéristiques fondamentales.

Les Explorateurs et Les Chasseurs de Monstres tirent leur valeur sociale précisément de cette géographie de l’ignorance.

Pas de races, pas de classes — dans le monde connu

Dans les territoires connus d’Æltharion, l’humanité est la norme — diverse dans ses cultures, ses apparences, ses histoires. Pas d’elfes, pas de nains, pas de catégories figées aux attributs prédéfinis. Il existe des Créatures de la Fracture, des mutants, des êtres transformés au fil des siècles, mais ils ne constituent pas une race au sens social du terme.

Ce que les habitants ignorent : au-delà des horizons explorés — dans les territoires encore vierges, les continents dont personne n’est revenu, les plans parallèles — rien n’interdit l’existence d’autres formes de vie intelligentes. La réponse honnête à « y a-t-il des elfes ? » est : personne n’est revenu de l’ouest pour le confirmer.

Les personnages ne sont pas définis par une classe mécanique mais par leur métier et leurs affiliations. Ce qu’on sait faire, ce qu’on a appris, là où on appartient — voilà ce qui définit quelqu’un.